C’est à notre nature cigale que s’adresse ce mouvement décoratif qui inévitablement nous renvoie des images de carte postale et claironne fièrement cap vers le Sud. Les designers s’inspirent allégrement des cours intérieures des haciendas du Mexique tout autant que des riads du Maroc pour nous proposer des pièces à vivre qui font corps avec la nature. Si la vogue des vérandas et des verrières a depuis longtemps fait la conquête du côté cocooning des Québécois, c’est le côté hiving (la ruche, là où l’on bâtit, crée et s’active) de notre caractère qui est cette fois-ci interpellé.
D’abord plébiscitée à l’avant-scène par les hôtels boutique de la planète qui ont transformé et aménagé leurs terrasses et leurs pergolas en bar, lounge et salon voluptueux, cette tendance pointue a eu tôt fait de s’immiscer dans nos décors et dans nos vies. S’il est fort séduisant de recréer un jardin intérieur chez soi l’automne venu, il est tout aussi irrésistible de vouloir s’installer au patio, en toute convivialité, pour mieux apprivoiser l’été et profiter de la douceur de vivre toutes voiles dehors.
Les dernières créations des manufacturiers d’ameublement de plein air ne se limitent plus à décorer nos balcons et nos terrasses, elles s’intègrent subtilement dans nos foyers à coups d’audace et d’innovation et parfois de branchitude. Cette petite révolution est le fruit de la recherche et de la vision de quelques industriels européens qui ont su miser sur la force créative de designers qui ont habilement relevé le défi en revisitant de façon spectaculaire, le mobilier de jardin. En s’attaquant d’abord aux matériaux, ils ont relégué aux oubliettes le PVC qui jusqu’alors régnait en maître absolu et insipide sur nos tables et nos chaises bancales. Ils n’ont pas hésité à introduire de toutes nouvelles fibres aux qualités fonctionnelles et résistantes, qui allaient apporter aux formes plus contemporaines, un nouvel esthétisme.
C’est ainsi que sont nés l’osier synthétique et la résille de rotin, respectueux de l’environnement, l’aluminium moulé qui ne rouille pas, le teck, un bois exotique à la résistance exceptionnelle et imperméable aux effets du soleil comme à ceux de la pluie ainsi que le fer et l’acier galvanisés. On a également apporté un soin particulier aux textiles en appliquant aux toiles robustes des enduits plastifiés, amidonnés et antibactériens. Puis, l’on s’est attaqué aux silhouettes novatrices en privilégiant la notion de confort et de relaxation.
Parmi les points forts des dernières collections, il faut souligner les canapés surdimensionnés, les tables basses XL et les lits de jardin. À tout cela vient s’ajouter une panoplie d’objets et d’accessoires séduisants : tonnelles, tables gigogne, lanternes. Les cache-pots, les vases et les jardinières prennent souvent des allures de véritables sculptures et la diversité des matières utilisées viennent les sublimer, des plus traditionnelles aux plus modernes, en zinc, verre, fonte, pierre reconstituée, céramique émaillée ou poterie de terre cuite.
Ce parfum de farniente qui flotte dans l’air du temps ne serait pas complet sans un éclairage savant et tamisé pour recréer la magie, la nuit tombée. Si les bougeoirs ont toujours la cote, ce sont les photophores qui sont dans le goût du soir.
Conçues à la base pour renouveler et relooker l’allure de nos terrasses et de nos jardins, les dernières lignes des fabricants de meubles d’extérieur, éprises de liberté et fortes de leur succès, influencent de plus en plus le monde de la décoration intérieure comme si le dehors et le dedans ne faisaient plus qu’un et s’accordaient enfin en parfaite harmonie, sans frontières, en toutes saisons.


